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Mon approche est intermedia, façonnée par des outils numériques que j’expérimente depuis 1980 dans des contextes très différents — sur mon portable, dans mon atelier mais aussi grâce à des laboratoires universitaires, des entreprises, des fablabs — avec un réseau de collègues, de chercheurs et d’informaticiens qui m’ont aidée au fil des années à théoriser, à réaliser et à exposer mon travail.

J'ai commencé à peindre dans les années 70, aux côtés de Jeremy Gilbert-Rolfe, Joel Shapiro et Lucio Pozzi, à l'Université de Princeton, aux Etats Unis. Lors de ma Maîtrise à l'Université de Cornell, j'ai assisté Eleanore Mikus, Arnold Singer et Patrick Webb. Knox Martin a également été l'un de mes mentors. Je porte en moi des influences indélébiles — Lissitzky, Grosz, Tauber-Arp, Gorky, entre autres — renforcées par mon premier emploi au département des Peintures Modernes chez Sotheby Parke-Bernet, à New York.

La poésie, et plus particulièrement les textes combinatoires, sont au cœur de mes recherches picturales. Ma première installation à l'échelle d'une galerie était structurée autour d'un poème à quatre voix intitulé « Gravity Waves » de Blake Leland, tissé à travers une grille de motifs photocopiés par le photographe David Bett (1983).

Un travail au pôle numérique de la Stern School of Management à New York University (1987) m’a lancé dans le monde émergent des outils numériques. Le soir, je me retrouvais à Interactive Picture Systèmes (fondé par Guy Nouri) où j’ai réalisé mes premiers collages numériques. Cela a été suivi d’une pratique d’animation de panneaux LED, entre autres à la High Tech LED Sign Company en Floride.

En 1991, j’ai déménagé à Paris. Une nouvelle série de collages numériques (merci à Laurent Sauerwein, fondateur de la société Navigator) a été exposée au Palais de Tokyo lors des Etats Généraux du Multimédia. J’ai animé des maquettes d’architectes pour la société AEDIFICARE. Invitée par Antoine Denize, j’ai illustré une version interactive de « Un Conte à Votre Façon » de Raymond Queneau, publiée par Gallimard dans l'ouvrage « Machines à Écrire » (1994).

Cela m'a conduit à l'Atelier ART3000 (aujourd'hui connu sous le nom de Le CUBE) où j'ai créé mes premières installations virtuelles avec l'aide de l’équipe informatique de Florent Aziosmanoff:

Pour le CUBE, j’ai organisé plusieurs “Soirées Research” avec des universitaires qui ont aidé à façonner l’avant garde de l’art numérique en devenir : Jean-Louis Boissier, Jean Clément, Pierre Barboza, Jean-Louis Weissberg, Bernard Magné, Nicolas Thély, Marie-Dominique Popelard, entre autres. En 2003 j’ai repris mes études (DEA à L'institut d’Etudes Théâtrales, La Sorbonne Paris 3) pour mieux cerner le passage du design d'objet au design de relation.

Invitée à travailler sur la question des médias en réseau avec Annie Gentès (Telecom ParisTech), nous avons réuni dès 1999 des musiciens (Alain Caron, Bela Loto), des jeunes ingénieurs et des étudiants en formation continue de l'École Multimédia pour développer un espace de chat augmenté intitulé City Paradigms (présenté à l'ISEA 2000 à Paris et au MILIA à Cannes). Un second prototype, Sandscript, a été financé par la Fondation Louis LePrince Ringuet. Ce travail expérimental a mené à une résidence d'artiste en 2001 au Centre d'Art Contemporain de Troyes. Grâce à la technologie développée par la société Timsoft (merci Hervé Serres et Antoine Sartoretti !), le chat augmenté La Preuve Par Troyes a vu le jour, un espace conversationnel et littéraire augmenté destiné à impliquer les citoyens dans l'histoire de leur ville.

Ce travail “intermedia” a ouvert ma pratique artistique à des considérations sociales. En 2002, j’ai fondé l’Association Concert-Urbain. Cela a mené à une (meilleure) compréhension de la dynamique de la société civile française. Grâce aux expertises de Denis Chiron et de Mathieu Desvé, sans oublier les nombreux élèves mobilisés autour de projets citoyens (notamment au CFA’Com de Bagnolet, sous l’oeil bienveillant de Guy Bilisko), nous avons commencé à tester des plateformes de débat « sur le terrain.»  Nous avons créé plusieurs espaces collaboratifs en ligne à la croisée d’outils de sondage, de data visualisation et de cartographie interactive :

Aujourd'hui, c’est le Conseil Citoyen du treizième arrondissement de Paris qui prend la relève. Grâce à budget participatif, nous concevons un village numérique “popup” itinérant. Il servira de plateforme pour enregistrer, stocker et analyser des récits et datas collectés dans les quartiers populaires de Paris. Pour plus d'informations sur cette initiative citoyenne appelée « La Station C », rendez-vous sur : lastationc.org.

Mon défi actuel : consolider les passerelles intermedia entre un travail pictural formel, des représentations numériques comportementales et le déploiement de dispositifs participatifs hors les murs. A cette fin et en collaboration avec l’ingénieur et vidéaste Alain Longuet (nous formons le collectif B_LONG), je creuse l’horizon des algorithmes qui permettent de générer des séquences combinatoires et interactives.  Le logiciel AAA_Seed de Mâa Berriet est une composante incontournable dans cette recherche. Sans oublier l’horizon ouvert par l’initiative “Abstract Project” (associé au Salon des Réalités Nouvelles) qui fournit un espace d’exposition ouvert à nos travaux. Voilà les grandes lignes de l’eco-système dans lequel j’avance désormais, en bonne compagnie.

Vous trouverez la liste détaillée de ces initiatives ci-dessous.